Less is more ... ou quand en faire trop devient contreproductif.
- Laurence NoStress

- 23 janv.
- 5 min de lecture
De nos jours, les réseaux sociaux nous proposent une nouvelle manière de nous mettre en avant et il est vrai que la publicité gratuite et l'exposition qu'ils nous offrent sont des outils utiles et intéressants, particulièrement pour les indépendants qui n'ont pas forcément un budget publicitaire.
De plus, ces mêmes réseaux sociaux nous permettent de pouvoir interagit directement et facilement avec les personnes qui se sentent concernées par ce que nous proposons et en cela, j'apprécie cette évolution de la manière dont nous pouvons proposer nos activités.
En ce qui me concerne, je les ai toujours utilisés avec parcimonie, avec de nombreux creux et quelques pics car ce que l'algorithme choisit de me montrer ne m'intéresse pas et il me faut sans cesse aller chercher le contenu qui m'intéresse, ce que je fais, mais c'est un processus que je ne fais pas systématiquement si je n'ai pas beaucoup de temps. Je suis pourtant abonnée à de nombreuses pages et à de nombreuses chaînes mais étrangement, à partir du moment où je m'abonne dans l'espoir que je puisse accéder plus facilement au contenu qui m'intéresse, les algorithmes ne me les montrent plus, ou alors moins souvent... cherchez l'erreur.
Il fut une époque où nous pouvions choisir un minimum ce que nous regardions en demandant à voir les dernières publications de nos amis en premier, mais, depuis quelques années, ce n'est plus possible et l'on me propose tout et n'importe quoi sur mon fil.
Ainsi, au lieu de m'encourager à rester sur la page, j'ai donc plutôt tendance à partir ua bout de quelques minutes car je l'avoue, je n'ai jamais vraiment été passionnée par les réseaux sociaux même s'ils peuvent s'avérer utiles et informatifs.

En 2020, je me suis lancée sur YouTube comme créatrice de contenu yoga et méditation. Je n'ai pas de regrets d'avoir tenté cette expérience car elle m'a permis de progresser encore plus dans ma pratique et mon enseignement, mais je ne l'aurais jamais fait si les circonstances ne s'y étaient pas prêtées car cela demande vraiment beaucoup, beaucoup de temps et surtout de la régularité.
Filmer 30 minutes de pratique me demandait environ 1 h en termes de mise en place, de tenue, les bugs lors de la capture (un chat qui passe devant l'ordinateur, un bruit de sonnette qui retentit... ) . Et après avoir filmé, il fallait faire le montage. J'avais investi dans un logiciel de montage afin de pouvoir proposer quelque chose d'un peu attractif d'une part et, d'autre part, inclure un fond sonore pour rendre la pratique plus agréable. Encore une fois il fallait compter entre 20 et 40 minutes par vidéo. Une fois la vidéo montée, il fallait la charger sur YouTube, rédiger la description et choisir la vignette de présentation une fois la vidéo chargée parce que je n'avais ni les logiciels ni le talent pour faire moi-même cette vignette de présentation.
Donc pour une vidée de 30 minutes, on est déjà à pas loin de 2h de temps investi, sans compter que pendant que la vidéo charge sur le serveur de YouTube, il vaut mieux ne pas utiliser internet pour autre chose afin que le chargement ne bloque pas en route (oui ça m'est arrivé).
Il m'a fallu des heures pour comprendre comment faire pour charger une vidéo sur YouTube au début et même si en 2020, nous avions le temps, j'ai quand même failli renoncer plusieurs fois.
Puis, j'ai découvert que je ne pouvais pas mettre n'importe quelle musique et que ma vidéo pouvait être refusée, même si je citais l'artiste. Il y a certainement une autre manière de faire mais je n'ai jamais compris comment. Donc retour à la case montage pour mettre une bande son qui était acceptée par YouTube.
Tout cela pour me rendre compte au final (et 4 ans plus tard) que non seulement YouTube ne mettait pas en avant le contenu yoga, encore moins celui de créateurs francophones malgré les hashtag et que pour pouvoir être monétisée, il fallait d'une part que j'ai une nombre d'abonnés minimum que je n'ai jamais atteint et de plus, un certain nombre d'heures de vues... Et encore, il aurait aussi fallu que j'accepte des pubs avant, pendant ou après ma vidéo, mais dans le cadre d'une vidéo de méditation, rien de pire qu'un pub qui explose à n'importe quel moment... .
Après deux ans sur YouTube, les circonstances de la vie m'ont fait arrêter, mais j'arrivais doucement à bout de souffle. En effet, quand on s'investit réellement dans un projet, qu'on y consacre tout son temps, toute son énergie et qu'on ne reçoit rien en retour, il y a un moment où cela ne nourrit pas l'âme. Quand je donne cours en live, je vois les réactions de mes élèves, je vois leurs expressions, et ça, c'est gratifiant. Les merci également. Mais cette expérience m'a permis de comprendre que je ne m'épanouissais pas derrière un écran d'ordinateur, même pour faire du yoga.

Ce qui me porte das le fait d'enseigner le yoga, moi, c'est d'être avec mes élèves, de partager le moment sur le tapis, pas d'être comme un professeur d'université s'adressant à un immense auditoire rempli de visages pour la plupart inconnus.
De plus, même si je dispose de Canva, je remarque que je n'arrive jamais vraiment à créer du contenu qui soit "wow" ou à transcrire la vision que j'ai dans mon visuel.
Peut-être aussi que ce côté monde parfait - et artificiel - qui est montré sur les réseaux sociaux est devenu trop lisse pour laisser place à la vraie vie, à la réalité. A moins que justement, on cherche à faire trop rêver en cherchant à faire toujours plus beau, plus grand .... et qu'à force de ne voir que toujours les mêmes types de publications, toujours les mêmes noms sur leur feed, les gens se lassent.
Dans la vie, la perfection n'existe pas, ou alors très rarement. Je revendique d'ailleurs sans complexe le fait de ne pas être parfaite, y compris dans mon enseignement ou ma pratique et j'accepte donc également cette absence de perfection chez mes élèves. On peut tendre vers la perfection, mais l'atteindre ne doit pas toujours être un objectif sinon on oublie de profiter du chemin et quand on passe sa vie à essayer de ressembler à ce que l'on est pas, on se réveille un matin en se demandant ce que l'on a fait de sa vie.
J'ai donc décidé de doser ma présence sur les réseaux sociaux, de ne poster que quand j'ai vraiment quelque chose à dire et pas uniquement pour faire des vues. Certes, c'est bien d'en faire mais on est déjà tellement stimulés au quotidien par tant de choses que finalement, on voit les posts passer et on n'y prête plus attention.
N'oublions pas que entre la surexposition et l'absence totale de posts, il y a une zone grise et moi personnellement, je me sens bien dans cette zone grise.
Car à force de vouloir être visible, parfois on en devient invisible et que parfois, en voulant trop en faire, cela devient contreproductif.
je suis bien consciente que ce que j'exprime est tout à fait personnel et que chacun aura sa notion d'excès, ce qui est à la fois tout à fait normal et entendable, et je fais juste part dans ce post d'un ressenti personnel, mais qui n'engage évidemment que moi et je n'encourage personne à faire de même, juste envie d'exprimer un ressenti.
Si cela te parle ou te fait réfléchir, tant mieux et si pas, tant mieux, c'est que tu as trouvé ce qui te convient et c'est bien ce qui est important : que chacun trouve son propre rythme et sa propre manière de fonctionner.




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